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Un éventail de possibilités et de défis : l’avenir du 5G au Canada

Fasken
Temps de lecture 10 minutes
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Perspectives de la Capitale

Le réseau sans fil 5G a été propulsé sous les feux de la rampe au cours de la dernière année. Qu'il s'agisse de son immense potentiel économique ou des préoccupations en matière de sécurité qu'il suscite, vous en avez certainement entendu parler dans les medias.

Malgré cette large couverture et le fait que le 5G pourrait remodeler notre environnement et nos façons de communiquer, les connaissances du public au sujet du 5G et des raisons de son importance demeurent étonnamment limitées. 

Qu'est-ce que le 5G et pourquoi suscite-t-il tant d'intérêt ?

Le terme « 5G » renvoie à la technologie de réseau mobile de cinquième génération, qui introduira des connexions sans fil plus fiables, plus denses et plus rapides. Elle ouvrira, en fin de compte, les portes d'un monde d'interconnectivité illimité. Réduit à ses éléments essentiels, le 5G est un ensemble de normes et de technologies qui rendront possibles ces réseaux futurs.

Des normes sont nécessaires pour atteindre un consensus au sujet de la définition du 5G, et de nombreux organismes de normalisation travaillent à déterminer les exigences qui lui seront imposées en matière de performance. Bien que les normes applicables ne seront en place que plus tard cette année (lorsque le 3rd Generation Partnership Project (disponsible en anglais seulemet) publiera ses normes 5G New Radio), nous savons déjà que les réseaux 5G seront exponentiellement plus rapides et plus fiables que leurs prédécesseurs. Même les estimations les plus prudentes prévoient que l'utilisateur final profitera d'une vitesse au moins vingt fois plus élevée que sur les réseaux 4G, avec un temps de latence pratiquement imperceptible.

Pour rendre possibles ces avancées en matière de performance des réseaux sans fil, les fournisseurs et les entreprises investissent dans la recherche, le développement et la commercialisation de nouveau matériel informatique et de logiciels pouvant être utilisés tout au long de la chaîne d'approvisionnement du 5G. 

Le marché de la technologie 5G est fortement consolidé, quoique complètement mondialisé, et il est dominé par une poignée d'importants fabricants d'équipements. Selon le Financial Times, par exemple, Ericsson, Huawei et Nokia sont parties de plus de 90 pour cent des « accords de coopération » conclus avec les opérateurs de réseaux sans fil à l'échelle mondiale. Les entreprises qui détiennent la propriété intellectuelle sous-jacente et produisent des entrées - y compris des entreprises au Canada - cherchent désespérément à intégrer les chaînes d'approvisionnement mondiales de ces sociétés.

Du point de vue du potentiel économique, l'industrie et les décideurs politiques ne voient pas simplement la course vers le 5G comme offrant l'avantage du précurseur - il s'agit pour eux d'un impératif économique national.

Le 5G et l'Internet des objets

A posteriori, tout semble parfaitement clair. Il est facile de faire une analyse rétrospective des générations successives de technologie sans fil et de constater à quel point elles ont été transformatrices. Chaque avancée, du 1G au 4G, a introduit de nouvelles architectures de réseau qui ont employé de nouvelles technologies et produit de nouveaux cas d'utilisation et de nouvelles applications.

Cependant, le 5G sera fondamentalement différent. Alors que la décennie du 4G a été marquée par une convergence autour du téléphone intelligent, l'ère du 5G sera celle de la divergence vers le nombre infini d'appareils qui formeront l'Internet des objets. Ces réseaux ultra-fiables et à faible temps de latence rendront possible des activités qui changeront la société dont nous entendons parler dans le contexte de l'Internet des objets, notamment l'utilisation de véhicules et de drones totalement autonomes et la réalisation de chirurgies robotiques à distance.

Cette perspective peut sembler nébuleuse ou irréaliste, mais elle ne l'est pas. Elle est même confirmée par les chiffres. Par exemple, Cisco estime que le trafic des données transmises par les réseaux sans fil à l'échelle mondiale triplera au cours des trois années à venir, lorsque les deux tiers de l'ensemble des appareils connectés sur la planète feront partie de l'Internet des objets.

Les réseaux qui transmettent un volume de données exponentiellement plus élevé offrent également la possibilité de recueillir, de traiter et d'utiliser celles-ci à des fins commerciales. Les avancées comme l'« edge computing », c.-à-d. le traitement des données en périphérie d'un réseau de télécommunications sans nécessité de liaison à des serveurs infonuagiques centralisés, continueront d'alimenter cette explosion du volume de données.

Il est banal de répéter que les données sont l'or ou le pétrole du XXIe siècle. Les pays qui déploieront le plus rapidement cette technologie sont ceux qui profiteront le plus des retombées économiques du 5G. Il en sera de même pour les risques juridiques et politiques.

Les gouvernements ne peuvent pas se permettre d'ignorer les risques graves pour la sécurité et les préoccupations liées au droit à la vie privée associés aux données qui ne manqueront pas de faire surface à l'ère du 5G ou de l'Internet des objets. Même si nous avons été les spectateurs de ce débat qui s'est déroulé de façon assez confuse dans les médias, l'appareil de sécurité nationale continue ses discrètes délibérations en coulisses au sujet des fournisseurs et des technologies acceptables.

Pour faire écho à un vieil adage : le prix à payer pour profiter du potentiel du 5G, c'est la vigilance éternelle. Les décideurs politiques savent que pour avancer dans la bonne direction, il est nécessaire de convaincre à la fois l'industrie et les consommateurs que leurs intérêts fondamentaux en matière de sécurité et de protection de la vie privée sont protégés.

Et le Canada dans tout cela ?

Pour garder la cadence dans la course vers le 5G, les gouvernements doivent prendre de bonnes décisions concernant plusieurs variables ; une réglementation simplifiée, un spectre sans fil largement disponible et des investissements privés sont autant d'éléments d'une importance cruciale. Les fournisseurs de services sans fil les plus importants du Canada indiquent qu'ils sont prêts, disposés et capables d'investir dans le déploiement d'une infrastructure sans fil 5G. En réalité, ils ont déjà commencé.

Il est parfois utile d'énoncer une évidence afin de souligner ce qui est accessoire : les opérateurs de réseaux canadiens exercent leurs activités au Canada et sont par conséquent assujettis à la réglementation et aux coûts de démarrage et d'opération au Canada. Ces deux variables interconnectées, soit la réglementation et le coût du déploiement, demeurent les deux forces de résistance les plus importantes au Canada.

Parlons du spectre. Le spectre est l'élément vital de la communication sans fil. Alors que le Canada semble être sur la bonne voie pour lancer son spectre d'ondes millimétriques en 2021 (le spectre de très hautes fréquences qui est la raison de l'engouement médiatique autour du 5G), les États-Unis ont déjà commencé sa mise aux enchères au début de 2019. Si les expériences passées sont une quelconque indication de l'avenir, les entreprises canadiennes devront également payer le gouvernement deux fois plus cher (par abonné) que leurs homologues américains pour obtenir des droits sur ce spectre.

Comme dans le cas des versions précédentes des réseaux sans fil, le Canada est bien placé pour connaître du succès à l'ère du 5G et exploiter le potentiel de cette technologie. Toutefois, si le Canada souhaite être considéré comme un participant concurrentiel dans la course vers le 5G, il devra en faire plus pour garder le rythme. 

Paul Burbank est stagiaire en droit au cabinet d'Ottawa de Fasken et rejoindra le cabinet à titre d'avocat en septembre 2019. Il travaille au sein du groupe de pratique Communications et prodigue des conseils en matière de télécommunications et de diffusion au Canada, ainsi que sur d'autres questions relevant de la réglementation et du droit administratif. Paul travaille également avec les groupes de pratique Relations gouvernementales et Droit politique sur des questions de stratégie et de conformité.


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